L’Europe traverse une crise du logement sans précédent. L’analyse d’Euronews Business montre des chiffres alarmants : dans de nombreuses villes, le salaire minimum brut ne suffit pas à couvrir le loyer.
Il faut donc impérativement dégager des solutions structurelles pour résoudre cette crise du logement.
Cependant, à l’heure où certains politiciens bruxellois scandent des slogans populistes et irresponsables à l’encontre de la location de courte durée, le classement du ratio salaire brut minimum / loyer interpelle. Bruxelles doit elle sacrifier la location courte durée, pourtant plébiscitée davantage d’année en année par les citoyens du monde (voir chiffres Eurostat) ?
A-t-on mesuré l’impact des politiques d’interdiction de la location courte durée pour les citoyens locaux ? Et pour les citoyens du monde, qui certes ne votent pas pour les élus locaux, mais qui seront directement victimes des politiques que ces mêmes élus mettent en œuvre ? La location de courte durée présente un syndrome Nimby fort développé …
Question 1 : les loyers vont-ils réellement baisser, voire moins augmenter, sur base de cette mesure d’interdiction prise isolément ?
Question 2 : sera-t’il encore possible de voyager vers ces destinations où la location de courte durée est interdite voire limitée à la résidence principale, avec une offre d’hébergements fortement réduite, et dans l’affirmative, à quel prix ?
Question 3 : corollaire de la question 2, quel sera l’impact sur la dynamique économique des villes avec des politiques d’interdiction de la location de courte durée sur la fréquentation de ces villes (et aussi des hôtels ! – voir exemple de Lisbonne dont la politique a été corrigée) et sur les dépenses des voyageurs (bars, cafés, restaurants, commerces de détails, entreprises de services liées à la location de courte durée, …) ?
Alors que Bruxelles a opté pour le quota « 0 » (= interdiction d’opérer pour les acteurs professionnels) et que d’autres villes pourtant nettement moins bien positionnées dans le classement sur le logement abordable ont une autre considération pour la dimension économique et appliquent des mécanismes de quotas de l’ordre de 10% dans les zones tendues, il convient de constater qu’il est l’heure d’objectiver le débat, et que le populisme doit céder sa place au professionnalisme dans les rangs politiques : place à l’analyse de données en vue de prendre des décisions justifiées et proportionnées dans le respect de l’intérêt général, et pas dans l’intérêt des voix faciles à collecter !

